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Marcher comme dans un rêve

Ce premier blog 2020 est dédié à tous ceux qui aiment marcher pour mieux se connaître!

Nous y voilà ! Déjà en 2020, une nouvelle décennie s’ouvre et une nouvelle année commence. La responsabilité est grande pour ce premier blog et il convient de bien penser quel sujet aborder ; alors après plusieurs nuits de réflexion, j’ai décidé de débuter cette nouvelle série de blog 2020 sur un autre rythme.

Marchons un moment ensemble, voulez-vous ?

MARCHER, MAIS POURQUOI ?

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Il est amusant de voir que les parents et grand-parents sont tous dans l’attente du miracle. Quand va-t-il marcher ? Nous avons tous en tête le moment précis où nos enfants se sont mis à marcher, au début à quatre pattes puis, Graal absolu, debout !

Ils ont marché, sont tombés, ont pleuré, se sont relevés et le cycle a repris de plus belle. Mais voilà que plus l’enfant prend de l’age, plus il se met à accélérer le pas, passant d’un rythme lent à plus soutenu pour terminer, comme d’habitude dans notre société, par la course. En fait entre la course et la marche il se trouve que je pratique les deux sports depuis très longtemps ! Pour être honnête avec vous puisqu’en ce début d’année mes vœux pour 2020 viennent juste d’être énoncés et qu’il serait dommage de me mentir à moi-même si rapidement… j’ai aussi pratiqué la course dans l’entreprise à titre professionnel « mais ça, c’était avant » comme dit le refrain !

Se remettre à marcher est comme un nouvel apprentissage qui nous attend dans une société dans laquelle tout va très vite et surtout…tout doit aller très vite. C’est un retour aux basiques et tel un enfant, nous devons nous remettre debout petit à petit et ré-apprendre l’équilibre que nous avions recherché, ressenti et développé pour enfin dominer la marche. Cette imposition du rythme est de plus en plus marquée par notre addiction aux nouvelles technologies comme lorsque nous surfons sur Internet pour faire des courses, chercher des informations tout en changeant de pages au grè de nos humeurs, de nos envies et des imputs que notre cerveau reçoit.

La population la plus touchée par l’accélération du rythme dû à Internet et aux Réseaux Sociaux est sans aucun doute les Millenials (Nés entre 1980 et 1998). A ce titre, je vous conseille la lecture de l’excellent livre de Bruno Patino, « La civilisation du Poisson Rouge » aux Editions Grasset, dans lequel il explique comment des études scientifiques menées aux Etats-Unis ont démontré que la capacité de concentration de Millenials sur-exposés aux Réseaux Sociaux, à Internet et à tous les artifices que développent les géants du net pour générer des revenus grâce à l’économie de l’attention, étaient de près de 12 secondes…à comparer avec les 9 secondes de concentration de Wanda, le plus célèbre des poissons rouges ! Nous n’en sommes pas loin…encore un petit effort.

J’en souris mais je devrais plutôt en pleurer, car courir ainsi après je ne sais quoi ne peu rien amener de positif. C’est d’ailleurs ce qui se produit devant nos yeux, un rythme effréné ne permet pas à l’être humain d’avoir un niveau de réflexion suffisant pour savoir ce qu’il désire vraiment, vers quoi il veut tendre, quel sens donner à sa vie et dans quoi s’investir.

Tout compte fait, je vous propose d’ajouter une résolution à une liste 2020 déjà longue, celle de reprendre le contrôle de sa vie. Trouver un rythme plus en adéquation avec ce qui nous définit le mieux comme personne : Notre capacité à penser, à appréhender le monde afin d’en profiter au maximum, à rechercher l’épanouissement spirituel, professionnel et personnel auquel nous avons droit. Mais ce droit implique comme souvent quelques devoirs !

LE CAMINO DE SANTIAGO OU L’EXPERIENCE D’UN AUTRE RYTHME

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Il y a plusieurs années de cela, je m’étais fait une promesse, celle de faire le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, le fameux « Camino Francés » à un moment de ma vie. Lorsque j’ai changé d’activité, quittant la multinationale pour monter ITHIKOS et entreprendre le long chemin de l’accompagnement dans la transformation de PME Haute Performance et de leurs équipes, j’ai eu la possibilité de rejoindre un groupe d’amis qui avaient déjà quelques étapes d’avance sur le Camino.

L’expérience est en cours sachant que nous faisons, sous la chaleur accablante de début Septembre dans les plaines de Castilla y Leon, 6 étapes. Il nous reste encore de nombreux kilomètres à parcourir avant d’arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle, mais au fond, plus nous marchons vers notre but, moins nous avons envie que l’aventure se termine. C’est que la marche sur le « Camino Francés » revêt un caractère particulier, éminemment spirituel.

L’histoire du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle commence lorsque sont découvertes des reliques de Jacques de Zébédée venu en Galice pour prêcher et convertir à la religion catholique les habitants de cette terre celte d’Espagne. A partir du 9eme siècle, il devient un pèlerinage majeur de la chrétienté au même titre que les deux autres grands pèlerinages de la chrétienté que sont ceux de Rome et de Jérusalem. Si l’intérêt pour le Camino a fortement décliné durant les derniers siècles, il connait depuis quelques décennies un succès phénoménal et international.

La réponse à ce succès se trouve certainement dans une recherche de sens qui touche bien des personnes de nos jours, dans l’expérience « d’un autre rythme » qui permet de casser la frénésie dans laquelle nous sommes enfermés car, en marchant, on a et on prend le temps de penser, de se poser les bonnes questions, surtout lors des étapes de lignes droites sans fin de Castilla y Leon !

Et puis comme on a le temps, notre cerveau est plus attentif à tous les détails qui nous entoure, que ce soit les odeurs, les couleurs, les reflets, les paysages, les monuments ; notre sensibilité est exacerbée.

Enfin, comme on a le temps, on rencontre des gens. Le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est vraiment un lieu unique, comme si justement la marche et cet « autre rythme imposé » avaient comme contre-partie la richesse de l’échange avec les autres et avec ses propres amis. On dédie du temps à écouter longuement les récits, à poser des questions pour mieux comprendre les situations et les réactions, toujours sans jugement suivant ainsi un des principes si cher au grand Barruch Spinoza; on répond aussi aux questions, qui en général portent sur le sens de la vie, sa propre quête spirituelle, ses valeurs, sa vision, son énergie et comment la mettre au service du bien commun tout en s’épanouissant au travail. On parle aussi de la fatigue, de la chaleur, du froid, de ce que le monde exterieur nous fait ressentir, de la volonté de vouloir continuer à aller de l’avant et du plaisir de terminer sa marche, d’atteindre la prochaine étape.

Parfois les conversations prennent un tournant inattendu. J’ai notamment un souvenir ému de cette soirée passée à près de 800m d’altitude à Foncebadon, durant laquelle nous avions débattu longuement sur la fameuse Constante de Planck et son importance dans le monde actuel. Un grand moment !

Cette expérience que je conseille vivement, est unique et personnelle en même temps qu’universelle. Elle aiguise l’homme et éveille ses sens, comme un vrai retour aux sources faisant de lui, tel Goethe (1749-1832), un Wanderer. 

« Marcher assèche le corps et nourrit l’esprit » a très joliment écrit l’écrivain-marcheur français Sylvain Tesson.

 

TRANSPOSER « L’ESPRIT DU CAMINO » DANS LE MONDE DE L’ENTREPRISE

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Lorsque l’on marche sur le Camino, il y a cet « esprit », quelque chose de spécial et magique, un idéal difficile à définir mais qui me semble être à la réflexion, comme un mélange de perceptions très subjectives et de ressenti universel. Si on décide de faire le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce n’est pas juste pour avoir des souvenirs de marche, de paysages…mais plutôt pour en ressortir transformé et continuer à vivre au quotidien « l’esprit du Camino ».

Car de nos jours, le monde de l’entreprise, surtout celui des multinationales, est axé sur aller toujours plus vite, plus loin, plus fort. C’est le syndrome de la Maximisation du Résultat qui conduit à une perte d’implication mesurée et de plus en plus importante des collaborateurs, à des dérives managériales, à une vision à court terme de l’entreprise (Cf mon blog de Novembre 2019 « Show me the money » ; Cf Le désengagement dans le travail ; Etude Gallup France parue en Juin 2018).

Et pourtant, n’étant pas à un paradoxe près, il est curieux de constater que les grands managers de multinationales passent beaucoup de temps à faire de la perspective, à essayer d’anticiper, à voir plus loin… notamment lors d’exercices tel que les plans à 3 ans, parfois à 5 ans. J’ai même vécu lors de ma dernière expérience professionnelle dans une multinationale sérieuse et reconnue pour ses résultats, une « présentation prospective à 10 ans ». Tout cela est d’autant plus cocasse que les entreprises qui les conseillent sont les mêmes qui leur expliquent que nous vivons dans un monde VUCA (Volatility ; Uncertainty ; Complexity ; Ambiguity)…donc dans lequel la meilleure façon d’y survivre est justement de rechercher « un autre rythme » et de s’adapter au changement, ce qui est très difficile à mettre en place lorsque l’on a érigé la vitesse comme valeur clé pour faire mieux, plus vite, plus fort, plus loin que la concurrence !

La conséquence de cette façon de manager a très bien été illustrée dans le film « Un homme pressé » avec l’excellent Fabrice Luchini dans le rôle du PDG qui après un AVC, retrouve dans la marche un juste retour à la vie et aux valeurs. Voir aussi le témoignage vidéo poignant de Christian Streiff, ancien PDG de PSA , qui a inspiré par son histoire ce film (https://fr-fr.facebook.com/Capital.fr/videos/lhistoire-vraie-qui-a-inspiré-le-film-un-homme-pressé-avec-fabrice-luchini/257726021759448/).

Croyant profondément à la pro-activité et au partage, je vous propose 7 vertus qui me paraissent illustrer le fameux « esprit du Camino », faciles à mettre en place et qui relèvent du bon sens commun et de la rencontre avec l’autre. Elles vous permettront d’aller à un autre rythme, de construire votre entreprise avec une démarche et une vision en développement durable, avec des équipes stables et impliquées :

  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 1 : Prendre son temps
    Tout commence par ça ! Accepter de prendre du temps pour faire les choses, prendre de la distance par rapport au quotidien, aux résultats qui nous enferment dans une logique à court terme si nous n’y prennons pas garde. Dédier du temps aux choses, à ceux qui nous entourent dans l’entreprise pour percevoir avec davantage de finesse et d’acuité ce qui se passe et ainsi, pouvoir penser et proposer comme manager des solutions plus justes et posées, avec une perspective à moyen terme du changement
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 2 : Ecouter
    Ecouter n’est pas entendre et comme me le dit souvent un de mes amis, « un vrai profesionnel écoute pour comprendre et non pas pour répondre ! ».  Pour bien écouter, il faut s’accorder du temps, être ici et maintenant. Non seulement bien entendre ce qu’il dit mais surtout pour bien comprendre, poser des questions et s’interesser vraiment à ce que l’autre a à nous dire
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 3 : Être résilient
    Marcher parait simple et naturel pour l’être humain, mais marcher longtemps, des heures durant sous des conditions parfois difficiles n’a rien d’une sinécure ! Il faut acquérir et développer de la résistance, accepter la difficulté et aller au bout de l’effort pour enfin, atteindre son objectif. Parfois l’étape atteinte n’est finalement pas celle que l’on voulait…mais c’est celle que l’on a faite ! Même imparfaite, elle fait partie du chemin et nous aide à nous construire. Avec résilience, nous nous adaptons, nous nous améliorons et nous repartons de l’avant
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 4 : Partager
    S’il est une vertu cardinale du Camino, ce doit être celle du partage ! C’est par la richesse de l’échange que l’on grandit. Le partage se fait aussi dans la difficulté. On marche à côté de son compagnon de route qui parfois peut souffrir, être ralenti. Alors on adapte son rythme, on reste solidaire pour arriver ensemble à l’étape.
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 5 : Être ouvert et curieux
    Accepter la remise en cause de ses convictions grace à l’écoute active de l’autre, sans a priori et sans jugement. Bouveverser ses certitudes en essayant de prendre un autre axe de reflexion, en « sortant de sa zone de confort » pour aller chercher ailleurs une autre solution, une autre sensibilité à ce que l’on pensait être.
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 6 : Rechercher du sens
    Comme je l’ai écrit précédemment, le Camino est eminemment spirituel. Ceci ne signifie pas nécessairement religieux et bien des personnes rencontrées sur la route sont d’ailleurs plus en recherche de quelque chose que de croyances religieuses. L’homme a besoin de sens dans sa vie, c’est ce qui lui donne l’énergie naturelle pour se lever, aller de l’avant et affronter les intempéries de la vie.
     
  • Vertu de l’Esprit du Camino nº 7 : Célébrer
    Certes il y a parfois la douleur, faire face à la difficulté et aux aléas…mais à la fin, quelle joie lorsque l’on franchit l’arrivée de l’étape, lorsque l’on a atteint son but ! Alors on célèbre. Un de nos rituels avec mes amis est de prendre une bière bien fraîche (et méritée) au premier bar de l’arrivée. Un de mes amis à Madrid me racontait comment il avait remonté en France la filiale d’un important groupe d’assurance. Il avait trouvé une équipe très compétente techniquement, aimant son entreprise mais totalement démotivée. Chaque nouveau client, chaque client redynamisé faisait l’objet d’une célébration, ce qui a renforcé l’esprit d’équipe et donner davantage de sens à l’effort commun. En fait, la célébration vient en dernier…elle est la récompense à toutes les vertus précédentes défendues et vécues avec force et conviction

Conclusion

Comme souvent, la recherche de l’excellence, d’un certain idéal est plus un voyage qu’un but. Il en est de même pour le Camino et son esprit. C’est d’abord à chacun d’entre nous d’appronfondir en soi, de rechercher en soi davantage de sens, de partage et de sensation pour ensuite, essayer de transposer cet « esprit » au mieux dans son travail avec ses équipes tout en sachant que rien ne sera jamais parfait.

Et si par hasard, on sent que l’on s’éloigne de l’idéal du Camino…alors la solution est très simple : On remet les chaussures, on ressort marcher et respirer l’air pur !

« Buen Camino » à tous pour 2020.

« La route rattache l’homme des villes aux grandes forces de la nature » Jack Kerouac

 

 

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